Crise systémique globale : Les quatre points individuels de défaillance du système mondial au second semestre 2010
La seconde moitié de 2010 va correspondre à une nouvelle inflexion en matière de dislocation géopolitique mondiale, caractérisée par une accélération des processus de décomposition stratégique, financière, économique et sociale autour de quatre points individuels de défaillance du système international... (page 2)
La dette publique occidentale
D’ici la fin 2010, le monde entier aura tiré toutes les leçons de la « crise grecque ». En fait, il n’y avait que deux leçons à en tirer… (page 5) (En savoir +)
L’austérité européenne
En parlant de l’Eurozone, nous avons bien écrit « une politique » d’austérité et non pas « des politiques d’austérité », car l’Allemagne fixe désormais les normes en la matière... (page 8)
L’inflation chinoise
Le plan de relance chinois arrive à sa fin et débouche sur deux problèmes connexes... (page 12)
La décroissance US
Les élections intermédiaires (« mid-term elections ») de Novembre 2010 vont constituer le premier test électoral des Etats-Unis en crise... (page 14)
Seconds éléments de méthodologie de l’anticipation politique : Questions concernant les sources et la gestion des équipes de recherche
Deuxième série d’extraits du Manuel d’Anticipation Politique que LEAP publiera en Octobre 2010. (page 19)
Recommandations stratégiques et opérationnelles pour le second semestre 2010
Bons municipaux US (« munis ») : Le grand choc obligataire
Devises : La tempête va se renforcer avec des vagues toujours plus hautes !
Bourses mondiales : Face à l’impensable
Or, cash, métaux précieux, immobilier… (page 23)
Le GlobalEurometre - Résultats & Analyses
Les sondés sont désormais unanimes (un cas rare pour le GlobalEuromètre) à souhaiter la création d’agences de notation européennes et asiatiques, pour ne plus dépendre du bon vouloir des Moody’s, Fitch et Standard & Poor’s… (page 26)
Annonces spéciales abonnés
Séminaire UE-Russie (page 28)
Académie d’Anticipation Politique, cycle 2010-2011 (page 30)

La finance est l’un des quatre secteurs dont LEAP/E2020 dans le numéro de décembre de sa lettre confidentielle (GlobalEurope Anticipation Bulletin N°10) estime qu’ils seront les plus touchés par le développement de la crise systémique globale en 2007 [1]. Les trois autres sont : le commerce international, les taux de change et l’énergie.
Le secteur financier mondial va entrer dans un processus de crise profonde via toute une série de facteurs dont la fin 2006 démontre déjà l’importance, à savoir l’effondrement de la valeur des actifs libellés en Dollars US, la monétisation de la dette US, la dégradation rapide du bilan des banques aux Etats-Unis et dans une partie de l’UE sur fond de faiblesse des réserves des banques, de rapide dégradation des prêts immobiliers [2] et de récession de l’économie américaine. A titre d’exemple, en moins d’un an, la valeur des actifs mondiaux libellés en Dollar ( [3] rapportée au panier de monnaies des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, a diminué de 2.000 milliards US$ du simple fait de la forte baisse de la monnaie américaine. Ou bien encore, du fait de cette même dévaluation, la dette américaine a baissé d’un montant supérieur à celui du déficit commercial des Etats-Unis prévu autour de 750 Milliards US$ ou du déficit de la balance des paiements prévu à plus de 900 milliards US$ [4].
Cette monétisation de la dette US (annoncée dès Février 2006 par LEAP/E2020 [5] affecte directement les bilans de l’ensemble des grands opérateurs financiers internationaux et va ressortir fortement en 2007. Aux Etats-Unis, comme commence à l’annoncer un nombre croissant d’institutions financières, l’éclatement de la bulle immobilière et la croissance forte des défauts de remboursement des prêts immobiliers, pèse déjà sur les résultats des banques [6] et des institutions de prêts. Ainsi, du fait de la dégradation rapide du marché, le gouvernement américain ne cherche même plus à rendre transparent les comptes de Fanny Mae et Freddy Mac, ces deux mastodontes parapublics des prêts immobiliers US qui pèsent plus de 50% du marché des prêts immobiliers aux Etats-Unis [7]. Ainsi Fanny Mae n’a plus remis aucun rapport trimestriel ou annuel d’activités depuis 2004 et doit demander une exemption pour continuer à être listée au New York Stock Exchange [8], tout en continuant à accroître ses parts de marché. Il y a moins d’un mois, Kevin M. Warsh, gouverneur de la Réserve fédérale de New York, a dénoncé le risque de crise systémique que faisaient peser Fanny Mae et Freddy Mac sur le marché des prêts immobiliers américain [9]. Et ce risque peut être étendu à l’international puisque depuis plusieurs mois, les investisseurs étrangers, notamment asiatiques, qui se sont détournés des Bonds du Trésor US ont massivement acheté les titres de Fanny Mae et Freddy Mac. Par ailleurs, depuis des années, les autorités américaines ont laissé se dégrader fortement les réserves obligatoires des banques alors que ces dernières se sont engagées dans des activités massives sur les marchés dérivatifs où les risques sont très importants. On peut constater sur la figure ci-dessous combien les ténors de Wall Street, qui font la une de l’actualité financière ces derniers mois, comme JPMorgan/Chase ou CityBank ou Bank of America, sont en fait dans une situation de faillite assurée en cas de crise importante puisque les contreparties à leurs engagements sont pratiquement inexistantes. C’est une image assez fiable de la fragilité de l’ensemble du secteur des hedge-funds que nombre de ses banques ont investi massivement.
[1] Avec le passage durable du taux de change EURUSD au-dessus des 1,30, l’équipe LEAP/E2020 considère que nous sommes désormais bien entrés en 2007 dans la phase d’impact de la crise systémique globale. L’équipe LEAP/E2020 en profite pour souligner qu’en suivant ses anticipations en matière de taux EURUSD ou d’évolution de l’immobilier aux Etats-Unis, sur un investissement équivalent à 100.000 Euros, sur 10 mois, un opérateur a pu gagner au minimum environ 15.000$ (devises), ou 10.000$ (sur l’immobilier US). Preuve qu’analyse stratégique et décisions individuelles de court terme peuvent se rejoindre utilement dans l’anticipation.
[2] Source : « Mortgages delinquencies : a rising threat » AP/Yahoo, 11/12/2006
[3] Sources Banque des Règlements Internationaux, GEAB N°2
[4] Une baisse de plus de 10% du Dollar US face aux principales monnaies de ses partenaires commerciaux correspond à une diminution de plus de 850 milliards US$ de la valeur relative de la dette des Etats-Unis (source : US National Debt Clock), alors que le déficit commercial américain est estimé pour 2006 autour de 750 milliards US$ et le déficit de la balance des paiements à plus de 900 milliards US$ (source : Roubini Global Economics Service). Grâce à la baisse du Dollar, le gouvernement américain fait donc supporter de manière croissante à ses principaux créanciers et partenaires commerciaux le poids de ses déficits.
[5] Avec la décision de supprimer la publication de M3 et de divers indicateurs permettant de mesurer l’évolution des avoirs en Dollars dans le monde, le choix des autorités américaines s’est donc porté sur une politique de « monétarisation cachée » de la dette américaine. L’incapacité de l’administration de G.W. Bush à maîtriser les différents déficits (budgétaires, commerciaux) et l’endettement connexe, va donc se traduire par une création monétaire de proportion inégalée, conduisant à une dilution de la dette américaine dans un océan de Dollars. Ce processus est en fait déjà entamé puisqu’au cours des trois premiers mois et demi de l’année fiscale américaine (qui commence en Octobre), la Réserve Fédérale US a augmenté de 320 Milliards de Dollars le stock de monnaie disponible, soit 5 fois plus que sur la même période de l’année précédente. », source GEAB N°2, 15/02/2006.
[6] Comme l’a déjà annoncé HSBC, troisième banque mondiale. Source : Banknet360, 06/12/2006
[7] Source : « Time to Reform Fanny Mae and Freddy Mac », Heritage Foundation, 20/05/2006
[8] Source : Fanny notes more accounting problems, 10/11/2005, MarketWatch/DowJones
[9] Source : « Financial Markets and the Federal Reserve », Governor Kevin M. Warsh, Federal Reserve, 21/11/2006