Crise systémique 2013 : sous les records des bourses, l’imminente plongée en récession de la planète
L’économie mondiale ralentit sérieusement et une récession généralisée se profile. Les différents acteurs en ont pleinement conscience et, face aux enjeux d’une rechute imminente, les pays ou régions mettent en place diverses stratégies pour tenter d’en minimiser les conséquences… (page 2)
BoJ, Fed, BCE : à méthodes distinctes avenirs contrastés
Afin d’y voir plus clair dans le déroulement de la crise systémique globale, il est nécessaire de comprendre les moyens d’action des grandes banques centrales occidentales, les limites, les avantages et les inconvénients de leurs interventions. Nous expliquons donc leurs politiques dans les grandes lignes… (page 9)
GEAB dollar et euro index
Le dollar index traditionnel (utilisé par les marchés financiers) est un indicateur qui a perdu de sa pertinence pour estimer l’évolution du dollar US. Notre équipe présente donc son habituel GEAB $ index accompagné du GEAB € index… (page 14)
Recommandations opérationnelles et stratégiques
Découplage de l’or papier et de l’or physique
. Obligations souveraines européennes : la BCE reste le patron
. Bourses : quand les QE font pleuvoir de l’argent ! … (page 17)
Le GlobalEurometre - Résultats & Analyses
La tonalité générale du sondage de ce mois est pour le moins morose. La confiance en la capacité de gérer la crise de l’Euro s’effondre littéralement ce mois-ci, la crainte de perdre de l’argent augmente significativement… (page 20)

Riga, 28-29 Novembre 2006 - Le prochain sommet de l’OTAN - qui étant donnée sa localisation sur un territoire anciennement russe et soviétique se veut le symbole même du succès de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord - risque de passer à la postérité comme le Sommet qui aura vu deux tendances contradictoires emporter l’Alliance dans la tourmente de la crise systémique globale affectant la planète, et de symboliser pleinement « la fin de l’Occident tel qu’on le connaît depuis 1945 ».
Les aspects économiques, financiers ou monétaires ne constituent en effet que trois des sept facettes de cette crise identifiée par l’équipe de recherche de LEAP/E2020 et annoncée dans le « GlobalEurope Anticipation Bulletin » de Février 2006. Ainsi cette année voit également se catalyser une crise stratégique et militaire de premier ordre, dont le problème du nucléaire iranien est un déclencheur parallèlement à trois autres facteurs clés : le problème du développement et du financement de « l’avion de combat du XXI° siècle », le Joint Strike Fighter (JSF) ; la perception divergente des menaces entre Européens et Américains ; la crise de confiance de l’opinion publique et des décideurs européens en l’aptitude et la compétence des Etats-Unis à assumer un leadership efficace et responsable de l’Alliance.
L’Alliance est malade. C’est un lieu commun que les communiqués officiels ne parviennent guère à cacher, et la relance de l’OTAN ou la redéfinition de ses missions sont même devenus des thèmes imposés dans les rencontres transatlantiques. Cette maladie tient essentiellement à la disparition de sa principale raison d’être : la lutte contre un ennemi mortel commun pour les Américains et les Européens de l’Ouest, à savoir l’ex-URSS. Depuis la chute du Rideau de Fer, l’OTAN ne sait plus très bien à quoi elle sert. On la convoque pour protéger les Jeux Olympiques d’Athènes ou de Turin, pour transporter de l’aide dans le Tiers Monde ou pour agir ponctuellement sur des crises limitées (Kosovo, sécurisation de l’Afghanistan,…) ; mais sur les deux grandes opérations militaires de la décennie passée, elle était absente. Les Etats-Unis n’en ont pas voulu pour attaquer l’Afghanistan après le 11 Septembre 2001 (malgré les offres européennes). Et les Européens n’ont pas voulu l’activer lors de l’invasion de l’Iraq en 2003 (malgré la demande américaine). Une alliance stratégique qui ne fonctionne pas lors des évènements militaires majeurs, car tantôt l’un tantôt l’autre des partenaires ne veut pas qu’elle soit activée, est une alliance qui n’a plus rien de stratégique. La question se pose désormais de savoir si c’est encore une alliance, ou si imperceptiblement l’OTAN n’est pas en train de se transformer en autre chose.
Pour l’équipe LEAP/E2020, la transformation en « autre chose » est déjà en cours. Et l’année 2006, à cause de la crise iranienne, mais également pour toute une série d’autres facteurs, dont trois particulièrement importants (JSF, menaces, méfiance) seront développés dans ce « GlobalEurope Anticipation Bulletin », va voir l’Alliance étendre politiquement son aire géographique et s’engager dans la voie d’une « alliance mondiale des démocraties » tandis que l’organisation militaire devra laisser les Européens accélérer le développement d’une défense commune indépendante de l’Alliance.
Ces évolutions seront perçues comme positives par un grand nombre d’acteurs au sein même de l’OTAN comme dans le reste du monde : l’extension géographique résulte notamment d’une volonté affirmée de Washington [1] ; quant à l’accélération du développement d’une défense commune européenne indépendante, c’est le souhait d’une immense majorité des Européens depuis de nombreuses années [2].
Cela illustre parfaitement combien la crise systémique majeure qui affecte la planète n’est pas en soi porteuse de catastrophes et de problèmes uniquement. Elle constitue un « point de passage » historique entre deux périodes plus stables. Mais le processus va affecter de manière souvent imprévue (et non pas imprévisible) les acteurs eux-mêmes, car un acteur dominant peut très bien parvenir à faire adopter une décision qu’il souhaite, tout en étant ensuite désagréablement surpris par les conséquences réelles de cette même décision. L’exemple de l’invasion de l’Iraq est déjà sous nos yeux pour illustrer cette situation, et il semblerait qu’au sujet de l’OTAN, une partie des évolutions anticipées par LEAP/E2020 soient du même ordre : les réformes que souhaite Washington risquent d’aboutir en fait à un formidable affaiblissement de l’Alliance elle-même et du poids stratégique de Washington en Europe et dans le monde, et de rompre le « pacte transatlantique » qui a permis la prééminence américaine mondiale depuis 1945.
[1] Comme l’a encore rappelé le 28 Mars dernier Kurt Volker, Deputy Assistant Secretary for European and Eurasian Affairs du Département d’Etat américain, lors d’une intervention à la Naval Postgraduate School de Monterey (Californie)
[2] The April 2006 GlobalEurometre confirms this heavy trend and shows that 83% of the people surveyed are in favour of a common European defence, while 88% consider that NATO’s geographic expansion strengthens the necessity of such common defence.