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GEAB N°76 (15 juin 2013) - Sommaire

Alerte second semestre 2013 – Crise systémique globale II : seconde déflagration dévastatrice / explosion sociale à l’échelle planétaire

Un choc de type Lehman en 2008, départ symbolique de l’incendie et surtout prise de conscience généralisée de la situation, n’a pas encore eu lieu. Ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle car avec le temps la situation ne cesse de s’aggraver et ce n’est plus un choc auquel il faut se préparer mais une déflagration dévastatrice… (page 2)

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UE 2014-2015 : après les élections au Parlement européen, le bras de fer entre Parlement et Conseil européen favorise la montée de l’Euroland

L’architecture institutionnelle de l’UE a toujours été, depuis le début du processus d’intégration européenne, fondée sur le sable mouvant de la réalité politique. Si l’on ne fait que regarder un instant donné, on pourrait être amené à croire que la structure est solide, bien ancrée dans les traités européens. Mais la réalité est tout autre… (page 11)

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Le monde en 2030 – Diversification / infrastructures / éducation : anticiper la capacité de rebond post-crise d’une économie

S’il est nécessaire d’avoir une vision des événements à court terme pour naviguer dans cette crise d’ampleur séculaire, il ne faut toutefois jamais perdre de vue le panorama général des transformations du monde, tel que nous le rappelons régulièrement dans le GEAB. C’est la raison pour laquelle il est important de ne pas oublier les tendances de fond qui façonnent une société sur le long terme, c’est-à-dire sur plusieurs décennies (20 à 30 ans)… (page 15)

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Gouvernance Mondiale – Le rapprochement Euro-BRICS au service de la mise à niveau du système ou comme matrice d’un nouveau modèle ? Les institutions de la gouvernance globale théoriquement en charge de gérer la crise qui affecte la planète depuis maintenant 5 ans sont-elles structurellement capables d’engager les réformes nécessaires pour créer les conditions d’une amélioration de leur efficience ?… (page 27)

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Recommandations opérationnelles et stratégiques

Cash / pétrole / bourse / obligations… (page 30)

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Le GlobalEurometre - Résultats & Analyses

Le questionnaire de ce mois reflète une inquiétude élevée mais plutôt constante quant aux indicateurs économiques, à l’exception notable près du risque de faillites bancaires qui se précise à nouveau… (page 33)

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Démocratisez l’UE... et les citoyens accepteront de payer un impôt européen !
par Franck Biancheri
03/07/2001


L’Euro arrive, bousculant peu-à-peu sur son passage les habitudes héritées de 50 ans d’une construction européenne dont les peuples ont été écartés : par nécessité à l’origine, par habitude ensuite.

Pas de monnaie sans pays - Pas d’Euroland sans démocratie

Et ces habitudes sont en train d’être remises en cause brutalement par de multiples évolutions de nos sociétés qu’en matière européenne l’Euro va catalyser brutalement début 2002. "Il n’y a pas de monnaie sans pays" a dit récemment le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt. C’est vrai. Et on peut rajouter qu’en Europe aujourd’hui, il ne peut plus y avoir de pays sans démocratie.

La monnaie unique va donc précipiter (au sens chimique du terme) l’émergence d’un nouveau pays, l’Euroland ; et ce pays va avoir comme tâche immédiate (elle a d’ailleurs commencé) d’inventer sa forme démocratique, sa "démocratie commune", faute de ne pouvoir exister dans cette europe du XXI° siècle et d’être rejeté par les citoyens de toutes tendances, y compris pro-européens.

Mais, la citoyenneté, la démocratie, ce n’est pas qu’une succession de droits pour le citoyen. Contrairement à ce que le discours européen dominant laisse entendre, la démocratisation de l’UE ne constituerait qu’une immense porte ouverte aux aspirations des peuples, au bon vouloir des citoyens …. forcément irresponsables (alors que nos élites européennes, de Yougoslavie en Vache Folle, ont fait preuve d’une si grande responsabilité !) ! D’ailleurs, regardez, dès qu’on leur en donne l’occasion, les citoyens passent leur temps à jouer au "tir au pigeon europée" et abattent l’Euro (Danemark) ou l’élargissement (Irlande).

Pourtant, la démocratisation de l’UE est également la seule voie permettant une responsabilisation des euro-citoyens, une prise de conscience active des contraintes et devoirs de l’UE, et d’eux-mêmes en son sein. Bien entendu, ce processus ne peut pas émerger dans les " vieux pays-nations ", il a besoin de se développer dans le nouveau "pays-Euroland" pour être en phase avec la réalité européenne de notre époque, et des enjeux actuels.

Pas de responsabilité sans impôts - Pas d’Euro-impôts sans responsabilité politique des citoyens

Dans ce cas, l’euro-citoyen aura alors des vertus que n’imaginent pas aujourd’hui nos chères élites si fatiguées : il sera prêt à assumer ses devoirs …parce qu’il les aura compris et se les sera appropriés comme étant parties du "contrat démocratique européen".

Anisi, le vieil adage politique, pas de responsabilité sans impôts, s’appliquera-t-il naturellement et les décideurs européens pourront aisément faire valoir que le pendant de cette démocratisation de l’UE est notamment constitué par une implication directe du citoyen dans le financement de l’UE elle-même. L’opacité aujourd’hui commence déjà au niveau des ressources de l’UE ; la transparence nécessaire à une démocratisation impose une transparence fiscale d’une part ; et une prise en compte citoyenne de l’effort communautaire.

Il n’y a aucune raison de craindre une réaction négative de l’opinion publique sur la question d’un impôt européen … à condition que l’on sorte du système communautaire actuel fondé sur l’absence de responsabilité …avec impôts (médiatisés par les Etats-Membres).

De toute façon, que ce soit en terme de cohésion géographique et sociale ou d’élargissement (version élargie de la cohésion), la facture communautaire va s’alourdir fortement dans les prochaines années (si ce n’est pas pour payer des fonds de cohésion, ce sera pour payer les forces de police intra-européennes qui seront obligées de maintenir de force la cohésion de l’UE). 2%, 3% voire 5% du PIB ? qui sait où on en sera d’ici 2010 suite à l’ouverture de la boîte de Pandore politique appelée Euro. Ce qui est certain, c’est que d’autres impôts devront diminuer, notamment nationaux.

Une seule chose est certaine : les chefs de gouvernement des pays contributeurs savent qu’ils vont in fine devoir annoncer à leurs électeurs que la facture européenne va s’alourdir au cours de la décennie …. alors ils vont être fortement tentés de faire porter directement à l’UE le poids politique de ces nouvelles difficiles à " vendre " politiquement, en créant un impôt européen.

Cela marchera … à condition que la face " démocratique " de l’Euro ne soit pas oubliée au passage.



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